dimanche 18 septembre 2011

Réponse à un ami qui me veut du bien

J'ai reçu jusqu'ici deux échos à mon annonce de retour dans l'univers du blog qui font tous deux  état de mon "pessimisme". Au fond de moi je ressens une agréable chaleur à la pensée que des amis s'inquiètent de ma santé morale mais je voudrais les rassurer sans attendre: je ne suis en aucune façon dépressif, ni même pessimiste.  Je n'irai pas jusqu'à dire que je vois "la vie en roooseeee", encore moins l' avenir et si j'en ai donné l'impression c'est que je me suis mal exprimé ou que les lecteurs ont extrapolé. J'essaie en toute modestie de faire part de mes observations et de mes réflexions sur ce que je constate de l'évolution du monde. Je dis simplement que  celui que nous  avons connu naguère est en train de céder la place à un autre. Ma vie et celle des gens de ma génération n'en seront pas affectées; quant aux jeunes, le monde émergent leur paraîtra aller de soi puisqu'ils n'auront connu que lui. En fait, l'âge, loin de me rendre pessimiste, me permet un détachement et une prise de distance dont je n'aurai peut-être pas été capable plus jeune. J'observe et je dis ce que je vois; et comme mon constat, JP, s'accorde au tien et à beaucoup d'autres, il a des chances de rendre la réalité. Mon billet "le retour" s'en tient là; il est exempt de tout commentaire et si le tableau est sombre c'est hélas que le modèle est sombre, non le peintre. Rien ne sert de l'ignorer. L'histoire nous le prouve:  chaque fois que des hommes ont préféré soumettre  leurs actes à leurs idées plutôt qu'aux réalités, ils se sont fait rattraper par elles et la leçon a toujours été rude. Je veux donc rester lucide même si le spectacle ne me plait pas.
Merci tout de même de vous inquiéter pour moi.    JC

samedi 17 septembre 2011

Retour

Me voici de retour après un an de silence. Certains qui me connaissent bien y verront sans doute une preuve nouvelle de mon inconstance. Peut-être, comme il y a aussi de la pomme dans le pousse au crime des tontons flingueurs, y en a-t-il aussi, de l'inconstance, dans les causes de mon silence. Mais s'arrêter à cette explication serait un peu court. 
En fait, à mesure que l'âge avance et ceux qui sont à mon stade de la vie savent à quel point il galope, les sujets d'actualité me paraissent de moins en moins actuels, les discours des personnages politiques de plus en plus usés, les Hommes (je m'y inclus) de plus en plus préoccupés d'eux mêmes et partant, ce blog de plus en plus dérisoire.  Mais je reconnais que notre monde évolue à grande vitesse et que nous traversons sans doute une période de rupture historique. Notre vieille civilisation judéo-chrétienne est en pleine tempête, secouée par des courants violents venant aussi bien de l'ouest, des Etats Unis, que d'Asie avec un intérêt croissant pour ses philosophies, que du sud avec l'islam qui prend une place croissante dans notre panorama quotidien. L'occident, en pleine déconfiture, vient de remettre les clefs de la suprématie mondiale à la Chine. Le monde arabe joue au culbuto entre l'anarchie en Irak et la dictature en Syrie, entre la démocratie et l'islamisme en Tunisie, en Egypte, en Lybie. Notre République s'apprête à changer (?) de Président, quant à l'économie, la crise l'a mise cul par-dessus tête. Ces bouleversements ne me laissent pas indifférent et j'aimerais échanger quelques points de vue avec ceux qui ont un peu de temps à y consacrer.
Il y a une autre raison à mon retour, une raison affective: mon petit fils qui vient de nous rendre visite, m'a interrogé sur les raisons de mon silence et semble l'avoir regretté. Peut-être n'était-ce que pour me faire plaisir mais qu'on me permette de céder à l'illusion qu'il y avait une part de sincérité dans son propos. Aussi me revoilà.
Il dépend essentiellement de moi que ce blog perdure. En vérité, pas tout à fait. Je le vois comme une bouteille jetée dans les vagues avec l'espoir que quelqu'un la trouvera, lira le message et m'enverra un signal disant que je ne suis pas seul bien que mon île soit déserte. Alors vous savez ce qu'il vous reste à faire.