Me voici de retour après un an de silence. Certains qui me connaissent bien y verront sans doute une preuve nouvelle de mon inconstance. Peut-être, comme il y a aussi de la pomme dans le pousse au crime des tontons flingueurs, y en a-t-il aussi, de l'inconstance, dans les causes de mon silence. Mais s'arrêter à cette explication serait un peu court.
En fait, à mesure que l'âge avance et ceux qui sont à mon stade de la vie savent à quel point il galope, les sujets d'actualité me paraissent de moins en moins actuels, les discours des personnages politiques de plus en plus usés, les Hommes (je m'y inclus) de plus en plus préoccupés d'eux mêmes et partant, ce blog de plus en plus dérisoire. Mais je reconnais que notre monde évolue à grande vitesse et que nous traversons sans doute une période de rupture historique. Notre vieille civilisation judéo-chrétienne est en pleine tempête, secouée par des courants violents venant aussi bien de l'ouest, des Etats Unis, que d'Asie avec un intérêt croissant pour ses philosophies, que du sud avec l'islam qui prend une place croissante dans notre panorama quotidien. L'occident, en pleine déconfiture, vient de remettre les clefs de la suprématie mondiale à la Chine. Le monde arabe joue au culbuto entre l'anarchie en Irak et la dictature en Syrie, entre la démocratie et l'islamisme en Tunisie, en Egypte, en Lybie. Notre République s'apprête à changer (?) de Président, quant à l'économie, la crise l'a mise cul par-dessus tête. Ces bouleversements ne me laissent pas indifférent et j'aimerais échanger quelques points de vue avec ceux qui ont un peu de temps à y consacrer.
Il y a une autre raison à mon retour, une raison affective: mon petit fils qui vient de nous rendre visite, m'a interrogé sur les raisons de mon silence et semble l'avoir regretté. Peut-être n'était-ce que pour me faire plaisir mais qu'on me permette de céder à l'illusion qu'il y avait une part de sincérité dans son propos. Aussi me revoilà.
Il dépend essentiellement de moi que ce blog perdure. En vérité, pas tout à fait. Je le vois comme une bouteille jetée dans les vagues avec l'espoir que quelqu'un la trouvera, lira le message et m'enverra un signal disant que je ne suis pas seul bien que mon île soit déserte. Alors vous savez ce qu'il vous reste à faire.
Mon cher JC,
RépondreSupprimerC'est à la fois avec plaisir et avec peine que je prends connaissance de ce que tu appelles une bouteille à la mer. Avec plaisir parce que tu romps une année de silence sur ton blog, mais avec peine car je décèle un certain désenchantement et une profonde lassitude morale dans ces lignes.
Certes j'adhère pleinement au sombre constat, terriblement réaliste et précis que tu fais de la société actuelle. Dans notre jeunesse nous n'envisagions pas l'avenir tel qu'il est aujourd'hui. Notre âge et notre vécu nous rendent difficile l'acceptation des bouleversements qui s'accélèrent. Nous avons de plus en plus de difficulté à suivre et nos vieilles jambes sont trop lourdes pour que nous puissions attraper le train qui passe trop vite.
Rassure-toi, tu n'es pas seul sur ton île déserte, et tu n'es pas seul à lancer des bouteilles à la mer. C'est un bon moyen de se dire qu'on existe encore et que, derrière le désespoir latent qui nous étreint, l'espoir subsiste encore, comme ces herbes folles dans les interstices de l'asphalte et les gaz d'échappement.
Une chose devrait te réjouir : ton petit-fils regrette ton silence et te demande de reprendre ton blog. Mais, mon cher JC, c'est le rayon de soleil qui doit t'éclairer !!.Il prouve que nos jeunes ont besoin de notre expérience, de nos conseils, de nos explications, de nos analyses et de notre regard pour voir l'avenir en face et naviguer de la meilleure manière dans cette jungle sociétale qui les angoisse. Ils ont besoin de repères, de solides racines morales et philosophiques. Nos petits-enfants sont l'espoir du renouveau, d'une "reconquista" toujours possible (il y en a déjà eu une, alors....), même s'il faudra du temps, de la sueur et des larmes, pour paraphraser Winston Churchill.
Alors, allons-y, balançons nos bouteilles à la mer sous forme de coups de gueule. C'est le parti que j'ai pris en y mettant de l'humour et de la dérision, car c'est surtout par le rire et l'ironie qu'on attire l'attention.. C'est un exercice que je pratique depuis peu et j'en ressens une certaine jubilation. Et, si j'en juge par les statistiques de fréquentation de mon modeste blog, c'est assez assez apprécié.
Mets donc en évidence l'intitulé de ton blog. Les aberrations et turpitudes à dénoncer ne manquent pas, et mettons les rieurs de notre côté.
Nos petits-enfants se réjouiront d'avoir une amorce de sentier à suivre dans la jungle moderne, même s'il est semé d'embûches...
Depuis l'âge de mes dissertations lycéennes, j'ai perdu un peu de mon aisance épistolaire, mais j'espère que ces modestes lignes t'auront apporté soutien et réconfort. HASTA LA VISTA !!!
Bonjour! Quelle belle réponse!
RépondreSupprimerBonjour Jean-Claude! Contente d'avoir retrouvé votre blog! Moi aussi je pousse des coups de gueule, tous les jours, sur Facebook.
Bise,
Annick (Garache ex Gouvernel)
Je ne sais pas comment ça marche! Je croyais avoir déjà écrit mon commentaire!!!
RépondreSupprimerBelle réponse à beau texte. Moi aussi je pousse des coups de gueule sur facebook
Amitiés.
annick (Garache ex Gouvernel)